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Parasitoses : quand traiter… et quand ne pas s’acharner ?

  • Photo du rédacteur: chezlisiane
    chezlisiane
  • 12 juil.
  • 4 min de lecture

🪱Traiter les éventuelles parasitoses est très tendance en ce moment, et pourquoi pas.

Cependant, les vers ne sont pas toujours des ennemis à abattre.

Aussi étrange que cela puisse paraître, leur présence, selon le contexte, peut être pathogène ou, au contraire, participer à un équilibre immunitaire et microbien.


La décision de les éradiquer ou non doit reposer sur l'observation des signes démontrant une charge parasitaire significative pour apporter un réel bénéfice.



❓Qu’est-ce qu’une parasitose et pourquoi elle pose problème ?


Une parasitose est une infestation par des parasites qui prennet diverses formes et sont structurés différemment. On peut citer par exemple, les vers, les protozaires ou les helminthes qui s’installent dans l’intestin, ou d’autres organes dans les tissus ou dans les la lumière (l’espace) de ces derniers.

Les formes symptomatiques, donc identifiables, peuvent entraîner :

• des lésions de la paroi intestinale et d’autres organes (foie, poumons, peau), perturbant la digestion et l’absorption des nutriments,

• des signes digestifs (diarrhée, douleurs, nausées, perte d’appétit), une anémie, un amaigrissement, des carences vitaminiques et minérales,

• un prurit (démangeaisons), un sommeil perturbé, une irritabilité et un inconfort durable, surtout avec les oxyures ou la gale,

• une immunité fortement diminuée, rendant l’hôte plus sensible à d’autres infections qui peuvent être plus graves.


🔫 Pourquoi il est souvent nécessaire de traiter une parasitose avérée ?

Traiter n’est pas une habitude, c’est une réponse à un risque mesurable. On traite notamment quand :

• il y a des symptômes digestifs, cutanés, respiratoires ou neurologiques compatibles,

• la charge parasitaire est élevée ou l’infestation est chronique entraînant des risques de carences,

• des complications sont possibles : occlusion intestinale (ascaris), troubles neurologiques/ophtalmiques, surinfections cutanées,

• le risque de transmission est important et que l’hygiène seule ne suffit pas à rompre le cycle,


👀Mais alors, pourquoi ne pas traiter « au moindre doute » ou sans besoin ?

Un déparasitage systématique peut entraîner :

• de la résistances aux antiparasitaires,

• une perturbation du microbiote et de l’immunité en inversant les changements microbiens induits par les vers et réduire la diversité bactérienne, ce qui peut avoir des effets en cascade sur l’inflammation et la résistance à d’autres infections,

• un dérèglement de la réponse immunitaire chez certains individus, notamment dans les allergies et de maladies inflammatoires, soit totalement le contraire de l’effet souhaité.


Il est très important que chaque espèce de parasite possède des étapes de vie complexes qui ne se ressemblent pas et ne se traiteront donc pas de la même manière.


⚖️ Le rôle des vers dans l’équilibre du microbiote et du système immunitaire

Contrairement à l’idée d’un parasite « purement nuisible », de nombreuses études montrent une co‑évolution hôte/helminthes aboutissant à un équilibre apparent.


🦠Comment les helminthes dialoguent avec le microbiote ?

• Modification du microenvironnement intestinal : les helminthes augmentent souvent la production de mucus, modifient sa composition et accélèrent le renouvellement des cellules épithéliales. Cela change les niches écologiques pour les bactéries commensales et favorise certaines familles consommatrices de mucus.

• Modulation immunitaire : les helminthes induisent une réponse immunitaire favorable à le diminution d’une l’inflammation excessive. Cette régulation « tolérante » aide le ver à persister, mais peut aussi protéger l’hôte contre des réactions inflammatoires disproportionnées.

• Acides gras à chaîne courte (AGCC) : des travaux (EPFL, 2015) montrent que l’infection chronique par certains helminthes augmente la production d’AGCC par le microbiome. Ces AGCC activent des récepteurs immunitaires impliqués dans la régulation de l’inflammation et des allergies respiratoires.


Ainsi, en l'état actuel des recherches, certes encore jeune, il y a une réflexion à mener et un questionnement à poser sur les déparasitages systématiques qui risquent au final de déséqulilbrer le microbiote et la flore commensale.

Le mieux reste l’ennemi du bien. Tout le monde n’est pas infesté de parasites et le corps possèdent une telle intelligence qu’il sait utiliser les hôtes indésirables pour se soigner !

Regardez même comment les helminthes éduquent le système immunitaire en favorisant l’augmentation des acides gras à courte chaîne. N’est-ce pas fascinant ?


• Diversité microbienne : certaines études humaines observent une plus grande diversité du microbiote chez des porteurs d’helminthes intestinaux, ce qui est souvent associé à une meilleure résilience écologique du microbiote.

• Tolérance aux commensaux : helminthes et certaines bactéries (ex. Lactobacillus, Bacteroides) stimulent ensemble des Treg, créant un écosystème tolérant qui peut freiner l’apparition de pathologies auto‑immunes ou allergiques.[sngtv +1]


🤺Cependant, il est vrai que tous les parasites ne sont pas nos « amis »

Les protozoaires comme Giardia, Toxoplasma ou Entamoeba peuvent, eux, exacerber l’inflammation, endommager la barrière intestinale et favoriser un syndrome de l’intestin irritable post‑infectieux.


🙃 Alors, faut‑il « garder ses vers » ou les éliminer ?

La réponse est nuancée et dépend du contexte clinique et individuel :

Bien entendu, si la parasitose est avérée, les symptômes très forts toutcomme l’inconfort, déparasiter est indispensable.


En résumé : traiter sans nécessité, c’est prendre le risque de fragiliser un équilibre hôte‑microbiote‑parasite qui, dans certains contextes, peut être protecteur. Nous sommes déjà résistants aux antibiotiques, il n’est pas nécessaire de devenir résistant à d’autres actifs qui pourraient nous être utiles en cas de réelle nécessité.


La prudence, voire l’abstention sont à envisager si les symptômes de désordres digestifs et autres ne sont pas à l’origine de la parasitose car ces symptômes peuvent avoir d’autres origines.

Comme je vous l’explique toujours en séance, le corps est d’une telle compléxité que bien des choses nous échappent, notamment avec un microbiote qui abrite divers organismes commensaux.


Pour dire les choses autrement : tout le monde mange à la même table, tout le monde en profite et personne ne se nuit, bien au contraire. Ici aussi est l’équilibre du vivant.


💦 Quel est le rôle de l’irrigation du côlon en cas de parasitose ?

Elle ne permettra pas de vous déparasiter en tant que tel, car comme vous l’avez compris, les parasites peuvent aussi se situer dans la paroi intestinale. Et l’irrigation du côlon étant un soin très doux, ne décape pas les parois intestinales, ouf !


Par contre, c’est un formidable outil d’accompagnement d’une cure de déparasitage qui favorisera

  • l’élimination du surplus de déchets créé par l’éradication des parasites

  • le processus de detoxification

  • et donc, la régulation du Ph et ainsi le retour à l’homéostasie


A quelle fréquence ?

Dans ce contexte particulier, les séances peuvent être répétées dans un temps réduit.


Portez-vous bien ❤️



 
 
 

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